LES GRANULATS RECYCLÉS


Seulement les granulats qui transitent par les centres de tri de résidus de CRD sont comptabilisés au bilan de RECYC-QUÉBEC. Ainsi, en 2018, 147 000 tonnes de granulats ont été récupérées, triées et conditionnées. À ces quantités s’ajoutent celles des chantiers de construction des grands travaux routiers. En 2008, RECYC-QUÉBEC recensait 2 718 000 tonnes de granulats de béton, asphalte, brique et pierre. On peut estimer qu’en 2018, les quantités générées sont au moins aussi importantes.  

Outre la réalité que l’on retrouve dans les centres de tri, bon nombre de sites de carrières et sablières valorisent déjà le béton, l’asphalte et les matériaux de déblai issus en grande partie des chantiers de construction depuis plusieurs années.  Bien que cette culture de valorisation pour ces produits soit de plus en plus et de mieux en mieux implantée dans le marché de la construction de route et d’ouvrages de génie civil, il demeure que la lourdeur règlementaire décourage les initiatives de plusieurs entreprises qui veulent en faire encore plus en matière de valorisation.  Malgré les efforts des dernières années pour moderniser la règlementation et assouplir les exigences, il existe encore des contraintes souvent plus administratives qu’environnementales qui n’encouragent pas de nouveaux usages et débouchés.

 

 

Les problématiques

La norme BNQ 2560-600 du Bureau de normalisation du Québec (BNQ), actuellement en révision, classe et fixe les caractéristiques physiques, chimiques et intrinsèques ainsi que les caractéristiques de fabrication des matériaux recyclés utilisés comme granulats et fabriqués à partir de résidus de béton, d’enrobés bitumineux et de briques provenant de chantiers de construction ou de centres de tri de résidus de CRD. Des exigences particulières s’appliquent pour chacune des classes de matières résiduelles.

Les inventaires de béton recyclé ont tendance à s’accumuler en surplus près des grands centres, principalement à Montréal, où les grands travaux d’infrastructure[1] des deux dernières décennies ont générés énormément de béton résiduel. En plus, les travaux d’excavation du métro de Montréal ont produit beaucoup de matière granulaire naturelle faisant concurrence au béton recyclé. Même si le béton recyclé respecte la norme BNQ pour certains types de travaux, peu de donneurs d’ordre public[2] sont enclins à inclure le béton recyclé dans leur devis, à l’exception de grandes villes comme Montréal et Québec. La méconnaissance des ingénieurs et des décideurs publics et une mauvaise première impression basée sur des situations passées sont les principales explications, en plus de l’absence d’obligation d’un seuil minimum de ces matières recyclées dans les devis publics.

Le problème est moins marqué pour l’asphalte routier quoiqu’on constate des accumulations de ces granulats sur les sites d’usines de béton bitumineux et ailleurs.

 

Les impacts

Les impacts de l’accumulation de granulats recyclés sont surtout d’ordre économiques, car une valeur est entreposée en attendant d’être utilisée sur des chantiers. 

Quant à l’impact environnemental, outre les accumulations qui défigurent le paysage, ces matériaux sont relativement inertes. Cependant à défaut d’utiliser ces granulats, on doit en extraire des carrières qui ont quand même des réserves limitées. 

 

Les solutions

Les marchés pour les granulats recyclés sont les suivants, en plus d’autres usages énumérés au chapitre V du Règlement sur la valorisation des matières résiduelles (RVMR) :

Recommandation

 



[1] Pont Champlain, échangeur Turcot.

[2] Municipalités et MTQ.